Ecrivain, dialoguiste, scénariste et producteur, JJ BEINEX a plusieurs cordes à son arc, et une filmographie riche ;
1980 : DIVA
1983 : La lune dans le caniveau
1986 : 37°2 Le matin
1989 : Roselyne et les lions
2001 : Mortel transfert
Ainsi que divers documentaires et courts métrages.
Questions à JJ.BENNEX:
Après la projection, la parole est donnée aux jeunes, JJ BEINEX répond à cœur ouvert :
JJB :C’est bien de donner la parole aux jeunes, car ils sont neutres, ils ne connaissent pas mes films. Tous les films sont des batailles. Ce film a été un échec à sa sortie en France, alors que les Anglo-saxons en ont ri. Ce film étant annoncé comme une comédie, sûrement, l’humour français n’est pas le même partout. C’est un métier qui met en danger à chaque film. C’est comme un jonglage. On commence avec deux balles, puis trois, puis quatre, puis cinq…. Et on se rend compte que la sixième est de trop. On ne maîtrise pas grand chose. Ce métier entraîne à aller au-delà du dépassement de soi. Les gens qui se battent ont de la noblesse, mais ils sont en même temps de sacrés enfoirés.
Ce qu’apporte le cinéma, réponse au jeunes
JJB : Nous avons besoin d’aller au cinéma et d’apprendre, quel que soit le genre de film. Le cinéma est quelque chose de sérieux. Sur scène, les comédiens sont transfigurés. Il faut aller voir des films, découvrir d’autres univers.
Concernant les mauvaises critiques de film
JJB : Les mauvaise critiques détournent les gens. Cela n’est jamais favorable. Depuis les années 80 et surtout aujourd’hui, on recherche la rentabilité immédiate d’un film. Faire un film différent est toujours un défit. On croit savoir, mais en réalité, on ne sait pas.
La question est posée sur le début de sa carrière
JJB : Au tout début, j’étais assistant, et pendant douze ans. Petit à petit, je faisais de plus en plus de choses. Jusqu’à être le chauffeur de Micheline PRESLE qui viendra aussi au Festival. Cela m’a beaucoup appris. Et toujours ces batailles, cette énergie, des échecs aussi… Le cinéma empêche de vieillir.
Pour 37°2 le matin, j’étais le metteur en scène. C’est celui qui décide. Ce devait être Adjani, et j’ai choisi Béatrice DALLE, une inconnue qui a fait un rôle magnifique.
D’une manière générale, un artiste ne doit pas se prendre pour un Roi, autrement, c’est le Roi des cons. D’ailleurs, j’ai fait un film : « Roselyne et les lions », il y a des bons et des mauvais rats .
Pour IP5 : Montant est mort sur le tournage du film. On peut dire qu’il est mort sur scène, et c’est ce que souhaite tous les artistes. Montant voulait que son fils le voit sur scène. Il était en tournage et en tournée de chant en même temps. C’était peut-être un peu trop. Montant est mort à 72 ans. Finalement, il aurait pu vivre encore quelques années s’il avait vécu plus sereinement, son fils l’aurait plus vu à ses côtés.
Interview JJ.BENNEX:
MB : Vous êtes un passionné, vous avez dit aller jusqu’au bout des choses ?
JJB : Je suis « jusqu’au boutiste d’une certaine manière. Je suis exigeant, parce que je le suis avec moi-même, et je sais prendre des risques.
MB : Ne croyez-vous pas que votre film « Mortel transfert » soit sorti trop tôt, qu’il serait perçu autrement aujourd’hui?
JJB : On m’a toujours dit ça. Après l’échec du film, les mauvaises critiques : « Ton film est sorti trop tôt, tu es toujours en avance sur ton temps ». Tout comme : « La lune dans le caniveau ».
MB : Pour vous, les épreuves servent ou desservent ?
JJB : Dans la vie, les épreuves servent. Pour un film, c’est plutôt un désavantage.
MB : Comment choisissez-vous vos sujets d’écriture?
JJB : Cela fait partie de « votre » image. C’est un tatouage social.
MB : Vous avez dit : « Je me sens meilleurs pour mes propres films»?
JJB : Je suis un metteur en scène, alors oui, peut-être, en fait, je suis un adaptateur. Je prends les choses et j’arrive à mettre en harmonie n’importe quoi.
MB : Avez-vous des projets?
JJB : Oui ! Plusieurs ! Je viens de finir un scénario « FATIMA » qui raconte l’histoire d’une immigrée, une histoire simple….
Martina Bernardi - Mai 2011
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