BEUR SUR LA VILLE
Un film de comédie policière
De Djamel BENSALAH |
De ses débuts de scénariste, cinéaste et metteur en scène, depuis 1996, jusqu’à l’avant dernier film en 2009 : « NEUILLY ta mère », Djamel BENSALAH a fait un beau parcours cinématographique.
Il vient nous porter sur grand écran ses émotions, des situations vécues ou entendues autour de lui, sur le ton de l’humour, parce qu’autant pour lui-même que pour le public, la meilleure façon de faire passer un message, se trouve bien dans le rire. Et nous allons rire ici, de ce film aux situations cocasses, surprenantes et bien-sûr, drôles.
L’histoire se déroule à VILLENEUVE SUR BOIS, une ville en état de délabrement complet, où même le commissariat de la police se retrouve avec peu de moyens. Des murs en lambeaux, un sol inondé, des piliers pour tenir le plafond qui menace de s’effondrer. Même leurs voitures de police est couverte de pansements pour retenir, soit une aile avant, soit une portière de voiture… Une enquête policière doit être menée à bien afin de trouver la personne qui tue de jeunes femmes le vendredi et que l’on nomme : « Le tueur du vendredi ». Une cité pauvre, où policiers et résidants vont devoir cohabiter tant bien que mal. Quant à l’hôpital de cette cité, autant ne pas en parler, mieux vaut aller voir le film et se rendre compte, soit du burlesque, de l’exagération des lieux, du surréalisme, ou de ce que pourraient devenir nos hôpitaux… Le laisser-aller est un mot noble pour ce déplorable endroit qui est sensé sauver des vies.
Un casting étonnant et majestueux :
BOODER, Issa DOUMBIA, Steeve TRAN, Sandrine KIMBERLAIN, Josiane BALASKO, Gérard JUGNOT, Roland GIRAUD, François-Xavier DEMAISON, Jean-Claude VANDAMME, Marilou BERRY, Yves REYNIER…
Le film débute et finit par la chanson revisitée de Maxime LEFORESTIER : « Etre né quelque part ». Le sujet se trouve bien là. Nous sommes tous et toutes nés quelque part et pourtant, tous de manière inégale. Chance ou malchance, nous faisons, et vivons avec ce que nous sommes. Que l’on soit, bleu, blanc, beur, jaune ; De chaque couleur, nous vivons sous le même ciel.
RENCONTRE AVEC L’EQUIPE DU FILM :
Nous apprécions cette véritable avant première, vous vouez une fidélité à TOULON ?
DB : «J’ai toujours gardé cette fidélité à TOULON. Lorsque je suis venu la première fois, TOULON était d’extrême droite, puis les choses se sont dégradées en 2002. Au lieu d’aller vers le mieux, nous allons vers le pire. Mais TOULON reste pour moi, une ville où l’on se sent bien, l’accueil, les gens, tout est agréable !».
Au début de votre carrière, vous faisiez un film tous les trois ans, puis tous les deux ans, peut-on imaginer un film chaque année ?
DB : «J’ai mis du temps à m’installer. Si je pouvais tourner plus, je le ferai, mais de l’écriture à la mise en scène, la production, tout cela prend du temps. J’ai une bonne équipe autour de moi, il faut savoir déléguer les choses. Cela me permet d’être plus en confiance».
Vous faites des films sur la même trame ?
DB : «Je veux montrer la réalité, l’inégalité qui existe encore et toujours, sur les différences. Comme le mot « Beur » est toujours extrêmement négatif. Porter ses situations à l’écran est une bonne chose, car on peut rire de tout. Il est important que ce soit un petit beur comme moi. Si cela ne viendrait pas de moi, cela viendrait de qui ? J’avais 21 ans en 1997 lorsque j’ai fait mon premier film. La gauche était au pouvoir, nous étions au top du top, ce qui n’est plus le cas depuis. Nous vivons une crise, mais il y a d’autres crises, celles des peurs de l’autre. En quelques années, nous sommes passés du rêve au cauchemar. Je crois en la fraternité de cette France, mais il faut que la France accepte notre société et ses mélanges de couleurs. L’idée était de faire un film pour les « laissés pour compte », et c’est avec ça que nous allons faire rire les gens. Ce film fait pour faire rire et émouvoir».
Vous avez un casting impressionnant, tous ont accepté facilement ?
DB : «Oui, tous les comédiens ont accepté de défendre cette cause, ces injustices. Je suis ravie de pouvoir les retrouver dans mon film, mais aussi d’avoir de jeunes comédiens, les nouveaux talents de demain dans les premiers rôles. Surtout lorsque Sandrine KIMBERLAIN m’a demandé de jouer dans le film, j’étais très étonné car c’est une comédienne venant du théâtre et du classique, mais elle avait envie de faire autre chose, le résultat est spectaculaire. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a une vraie enquête policière dans ce film !».
Laissez-vous un peu de place à l’improvisation dans le film ?
DB : «Non, radicalement, tout est pensé, millimétré, il n’y a pas de place pour l’improvisation. Même si je peux rajouter une idée d’un comédien, cela reste dans le sujet, en aucun cas, je vais dévier le scénario».
Josiane BALASCO as t-elle accepté facilement de s’enlaidir et se vieillir ?
DB: «Josiane BALASCO a non seulement accepté, mais elle a donné plus que ce que j’attendais d’elle. Elle a rajouté de la laideur. Beaucoup ne la reconnaissent pas, ou à peine à sa voix, mais bien après l’avoir vu à l’écran ! C’est une excellente comédienne qui n’a plus rien à prouver, et qui a voulu se faire plaisir».
Vous avez le rôle principal dans le film, c’est la première fois ?
Booder: «Lorsque j’ai su que j’avais le rôle principal, j’en ai pas dormi de la nuit ! Ce film laisse une grande leçon d’humilité, une leçon de sincérité ».
Avez-vous d’autres projets ?
DB: «Oui, bien-sûr, et comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, je vais raconter une histoire qui m’est arrivé mais qui peut arriver à chacun de nous…».
Martina BERNARDI - Juillet 2011 |
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