"Cartouches Gauloises"
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Rencontre avec Mehdi Charef et Hamada Abdel
(Juillet 2007) |
... L’abus du film « Cartouches Gauloises » ne peut nuire à votre santé....
Un fim
de Mehdi Charef, est sorti le 8 Août
(Film franco-Algérien).
Le réalisateur, Mehdi Charef raconte son histoire à l’âge de 11ans, en Algérie, au dernier printemps avant l’indépendance, où il était vendeur de journaux et amoureux de Cinéma.
Rencontre avec Mehdi Charef, réalisateur :
MB : Le film a été réalisé en Algérie et dans notre région ?
MC : Le film a été tourné à 70 % dans la région du sud de la France. A la Ciotat, à Hyères, dans les domaines de vignes de Pierrefeu.
Je devais retrouver les vignobles, les maisons construites par les pieds-noirs quasiment à l’identique lorsqu’ils sont venus dans le sud de la France que celles qu’ils habitaient en Algérie .
MB : Vous connaissiez notre région auparavant ?
MC : Non, je ne connaissais pas cette région comme je l’ai découverte. J’ai réellement retrouvé un peu d’Algérie, comme j’étais enfant.
MB : Les figurants locaux sont varois ?
MC : En grande partie, les figurants sont varois. Ils ont été choisi « sur place » et nous ont accompagnés tout au long du film. L’ambiance était sympathique.
MB : Comment avez-vous choisi « Ali », le petit garçon du film ?
MC : Nous avons fait un casting, et sur 300 enfants, nous avons choisi à l’unanimité Hamada, qui a été de suite formidable.
Il correspondait parfaitement, il était bien dans le personnage qui devait me représenter.
MB : Vous racontez votre histoire, tout est authentique ?
MC : Non, c’est à peu près 50/50 entre mon vécu et mon imaginaire.
Quoi qu’il en soit, dans les situations et les dialogues, il y a aussi ce que j’ai pu entendre lorsque j’étais enfant.
MB : Pouvez-vous nous en dire davantage ?
MC : C’est avant tout et surtout, l’histoire d’un enfant, de l’amitié qui le lie à Nicolas, un petit garçon français du même âge.
C’est aussi l’histoire d’une famille, d’un village tout entier. Ce film démontre ce que j’ai vécu, non seulement dans la protection de ma famille, de ma mère, mais aussi du monde que nous fabriquions, nous les enfants, pour nous protéger des horreurs de la guerre. Ma mère avait peur tous les jours, et surtout, elle ne nous parlait de rien.
MB : Dans le film, votre mère protège sa sœur, vous avez vécu cela ?
MC : J’ai surtout entendu ma mère, ma famille en parler.
Les femmes devaient se grimer pour cacher leur beauté et ne pas attirer les soldats français. Elles évitaient ainsi les tentations. Les soldats regardaient et allaient vers les belles et jeunes femmes algériennes.
MB : Dans le film, on nous montre « Ali », vous, qui avez peur du camion, comment cela se passait-il en réalité ?
MC : J’avais surtout peur de la piqûre !
Le camion sanitaire de l'armée, avec des hommes en tenues, passaient dans les rues pour prendre les enfants. Ils nous pesaient, nous vaccinaient si besoin.
Mais nous avions toujours de bons sandwichs après la piqûre, ce qui était une grande satisfaction
MB : Quels regards avez-vous aujourd’hui sur cette époque de votre vie ?
MC : Aujourd’hui, je comprends, que nous soyons « Français-Algériens ou Harquis » ; Nous étions tous dans cette guerre, nous devions nous protéger ou nous défendre. Notre douleur était la même.
Rencontre avec Hamada Abdel, jeune comédien:
MB : Sais-tu que tu nous fais pleurer dans le film
HA : Oui, je sais. Tous ceux qui voient le film pleurent ou sont très émus par l’histoire du film. Je rencontre souvent des personnes âgées qui me racontent leur propre histoire
MB : Où habites-tu ?
HA : Je ne suis pas d’ici moi, je suis né et j’habite à Oran ! Je suis venue pour la présentation du film.
MB : Comment tu t’es présenté au casting ?
HA : Un matin, ma mère allait sur le marché, et elle a repéré une annonce pour un casting en France.
Lorsqu’elle est revenue à la maison, elle m’a posé la question, à savoir, si je voulais faire le casting ? !
Mais bien-sûr ! J’y suis donc allée et j’ai été retenu .
MB : Ta maman doit être fière de toi ?
HA : Oui, ma maman est fière. Mon frère, lui, n’y croyait pas, il ne me prenait pas au sérieux. Lorsque je lui ai dit que c’était moi qui allait jouer le rôle, il a bien été surpris !
MB : Tu connaissais le sujet du film et tu as entendu parler de la guerre d’Algérie pour son indépendance ?
HA : Oui, bien-sûr, je l’ai apprise à l’école !
MB : Tu parles parfaitement le français, tu l’as appris ?
HA : Oui, j’ai appris le Français à l’école, et ma mère a toujours voulu que je parle français sans aucun accent !
MB : Crois-tu faire une carrière d’Acteur plus tard ?
HA :Si je suis Acteur, c’est bien, je ferai des films de temps en temps. Mais je veux être Chercheur en plantes médicinales !
Quoi qu’il en soit, « Ali » dans le film, Hamada Abdel, avec son pétillant, son intelligence, sa gentillesse, nous l’imaginons avec certitude parti pour une belle carrière personnelle et professionnelle.
Martina Bernardi |