Chiara SAMUGHEO
Photographe
D’un regard à transpercer les âmes;
Chiara SAMUGHEO l’a pratiqué à travers son appareil photo.
De renommée internationale, première femme à devenir photographe en Italie, d'abord dans le photo-journalisme puis photographe de Stars.
Ses premiers reportages dénoncent les aspects négatifs et inquiétants de l'Italie : Les baraques de la banlieue napolitaine, le milieu carcéral…
Vers la fin des années cinquante elle abandonne le reportage pour se dédier, au monde des divas et immortalise les artistes et les stars du cinéma.
Son mari, alors pianiste lui fait rencontrer quelques artistes connus. Ses photos sont une véritable mémoire vivante d'une époque, elle signe les couvertures des plus prestigieux magazines du monde.
Le boom économique décréta le succès de ces nouveaux périodiques, riches en photos couleurs de Diva, d'histoires mondaines, des femmes objets parfois.
A son actif plus de 165.000 clichés de stars ses portraits valorisent la beauté féminine, parfois au travers d'un détail, d'un rayon de lumière ou d'un décor exceptionnellement soigné.

Sophia Loren |

Claudia Cardinale |
Comment votre aventure a t-elle vraiment débuté dans la photo ?
«
Je commençais à faire de la photo dans les années cinquante pour un Journal.
Les temps étaient durs mais non dénués de joie.
C'était la guerre froide, mais on espérait bien que les choses changeraient et ceux qui le voulaient, pouvaient - grâce aux images, aux mots, aux gestes - enfoncer ce mur qui les séparait d'un monde meilleur ».
Quels étaient vos sujets de prédilection ?
« Avec mon appareil photo, j’arrivais à dénoncer les maux et les contradictions de l'Italie.
J'y suis plus ou moins parvenue, mais je m'aperçus assez vite que mon espace professionnel se restreignait.
On se souvient que ce fut justement vers la fin des années cinquante que resurgit cette presse qui, avec pour alibi de satisfaire à la demande des lecteurs, favorisa l'évasion et maquilla la réalité. L'hebdomadaire illustré (c'est-à-dire de qualité, riche en photos couleurs, reportages et autres histoires mondaines) a depuis toujours été l'instrument idéal « distraire » l'attention du public ».
Quelle était « la vocation » de ce journal ?
« Cet hebdomadaire était rempli de phrases pompeuses, il restait populaire faisait de ses feuilletons et de potins croustillants sur le cinéma en général.
Venaient se rajouter à ce star-system, les princes et les princesses, papes et nones… Ainsi tout devenait « moteurs de lectures »
Vous avez rencontré les plus « grands » du cinéma, quels étaient-ils ?
« Quelques noms de femmes : Jane Fonda, Monica Vitti, Gina Lollobrigida, Géraldine Chaplin, Elysabeth Taylor, Claudia Cardinale… Pour les hommes, j’ai photographié : Grégory Peck, Francis Ford Coppola, Marcello Mastroiani, Richard Chamberlain, Tony Curtis… »
Avez-vous pu transmettre l’art de la photographie à vos proches ?
« J’ai 15 neveux et nièces, aucun d’entre-eux n’ont souhaité apprendre la photographie ».
Martina BERNARDI
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