N’est ce pas trop difficile de co-écrire un scénario ?
Géraldine NAKACHE : «C’est avant tout un échange permanent. Une écriture à quatre mains».
Combien cela vous a pris de temps en tout ?
Géraldine NAKACHE : «Plus de deux ans pour l’écriture, des idées, et jusqu’à la fin du film, nous aurions mis quatre ans jusqu’à la réalisation du film».
C’est vous qui chantez Céline DION ?
Géraldine NAKACHE : «Oui, c’est moi, et je l’imite bien… Non».
Comment s’est mise en scène le « coup de tête » ?
Géraldine NAKACHE : «Nous avons fait venir un Cascadeur, et la scène s’est faite en deux fois. Tout était bien orchestré ».
Vous utilisez souvent le « verlan » (l’envers), dans le film ?
Hervé MIMRAN : «Oui, un peu. Car c’est le langage le plus utilisé dans les banlieues parisiennes. Et encore ! On en a beaucoup levé, autrement, il aurait fallu sous-titrer ! » (rires)».
Il existe beaucoup de mensonges dans ce film ?
Leïla BEKHTI : «Chacun se ment à soi-même, et les uns mentent aux autres. C’est le seul moyen qu’ils ont tous de s’évader de leur quotidien. Comme dans le film, j’ai connu cette situation de banlieue où tout le monde connaît la vie de tout le monde. Alors, on aspire à mieux dans la vie de tous les jours, comme chacun de nous aspire à mieux dans sa vie ».
Il existe un rapport mère-fille mensonger aussi dans ce film ?
Leïla BEKHTI : «Mon personnage sait que le père ne reviendra pas, elle ne le dit pas à sa mère qui attend tous les jours que son père revienne. Elle n’ose pas dire la vérité à sa mère qui va chanter au karaoké avec la même robe, la même chanson qu’elle chantait avec son père. Le plus dur, là, est de croire à ses mensonges. Ce qui motive les deux amies, c’est de ne pas ressembler à leurs mères, de ne pas refaire ce qu’on raté les parents. On aspire toujours à ce qu’on a pas. Aller au-delà. Je repense à une dame âgée que nous avons rencontrée et qui venait de la campagne. On la traitait de « pacouline », c’est un peu comme aujourd’hui, on n’a pas envie de se sentir exclus pour quelque chose, dans notre société que l’on espère égale ou meilleure».
Il existe un moment choc dans le film, la scène où le père vient chercher sa fille ?
Leïla BEKHTI : «C’est un moment assez dur qui ne laisse pas indifférent. Voilà jusqu’où peut mener le mensonge. La présence du père dévoué, qui reste planté là, muet, pendant que sa fille l’ignore».
Un film chargé d’émotions, d’humour, actuel, innovant.
Martina BERNARDI - Mars 2010 |
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